L'auteur est maman de 3 enfants, déscolarisés à 9, 7 et 4 ans (exactement l'âge de mes trois loulous !), depuis 2002, à Ontario au Canada. Ses trois enfants ont connu le système classique public, puis le privé alternatif ; ils se sont lancés dans l'IEF (avec cahiers et cours) pour un an mais, au bout de quelques mois infructueux, ont bifurqué vers le unschooling.
Convaincue par les bienfaits de leur choix, la maman décide de continuer sur cette lancée et projetait depuis 2009 d'écrire un témoignage ; cette envie s'est muée en besoin concrétisé par la parution de cet ouvrage il y a moins d'un an (septembre 2014).
Sur le lien fourni plus tôt (il suffit de cliquer sur le titre de l'ouvrage), il est possible d'avoir un aperçu du sommaire et de quelques pages pour se donner une idée. Mais voici quelques détails supplémentaires qui vous donneront sans doute envie de lire cet ouvrage !!!
L'auteur articule son propos autour de 5 idées et de leurs paradigmes associés ; les voici en quelques lignes et citations (la première partie étant celle qui m'a le plus apporté, elle est donc plus détaillée) :
1) L'apprentissage véritable
" Le unschooling est un processus unique à chaque famille et à chaque enfant. Cela explique sans doute pourquoi il est à la fois si simple et si compliqué de le décrire. "
L'auteur cherche à nous faire ressentir le unschooling au travers de l’expérience de lecture qu'elle nous propose : elle nous incite donc à réfléchir à notre démarche de lecteur en recherche, à la façon dont nous allons construire notre vision du unschooling, pour comprendre comment nous-même nous approprions des connaissances, un savoir, de façon autonome, sans enseignement.
Elle explique (avec raison de mon point de vue) que les programmes scolaires sont des structures artificielles indépendantes de l'apprentissage lui-même ; leur raison d'être étant essentiellement la gestion de masse d'élèves.
Aux parents inquiets que leurs enfants risquent de ne pas pouvoir accéder dans ce cadre à un savoir dont ils auraient vraiment besoin plus tard, elle pose la question : Besoin pour quoi ? Et dans quel but ? S'ils n'en ont pas eu besoin avant, pourquoi en auraient-ils besoin plus tard ? Et si le besoin se présente, il sera alors temps d'acquérir ce savoir : cette connaissance deviendra alors utile et ce sera
ipso facto le bon moment de l'acquérir.
L'auteur insiste également sur l'importance du rôle des parents : ils ne doivent pas limiter leurs enfants dans l'exploration du monde qui les entoure pour ne pas limiter les opportunités d'apprentissage de chacun.
Dans cette première partie, elle aborde également la période du deschooling et la façon de " l'occuper " : c'est le moment idéal pour redécouvrir nos enfants, les observer, connaître leurs centres d’intérêts, passer du temps avec eux, se plonger nous-mêmes dans nos propres passions et les partager avec nos enfants s'ils en ont envie, sans attente ni pression.
Elle préconise de regarder des films, de visiter la région et ses possibles attractions, de faire des jeux de société, d'aller à la plage, de visiter un musée... Un seul objectif : "
Amusez-vous tous ensemble ! ". Et oui, s'amuser TOUS ENSEMBLE et non pas amuser nos enfants ; et cela change tout !!! Cela signifie aussi d'être pleinement disponible, physiquement et mentalement.
Elle propose aussi de profiter de cette période pour écrire une chronique au jour le jour (ce que je fais un peu sur ce blog et dans un petit cahier privé dédié à la question) : activités préférées de chaque enfant, ses sujets de discussion, ses remarques intéressantes, la façon dont on le voit apprendre ; le tout sur une période assez longue pour voir leur évolution et comment ils construisent leurs apprentissages.
Le temps " libre " du parent doit être mis à profit pour lire, réfléchir, s'initier au unschooling, repenser à son parcours d'élève, à ce qu'il en reste et se descholler lui-même...
En ce qui concerne l'apprentissage des langues étrangères, elle recommande de ne pas se stresser avec l'âge des enfants ; l'idée est de ne rien leur imposer artificiellement, de faire des jeux, de suivre les intérêts naturels et de revenir à ce qui enthousiasme l'enfant (on trouve ici un fort point commun avec André STERN).
Voici une définition qu'elle propose pour le unschooling :
" Le unschooling, ce n'est pas simplement se débarrasser de l'école ; il s'agit de remplacer l'école par un environnement différent propice à l'apprentissage, de créer un cadre qui favorise les méthodes naturelles d'acquisition des connaissances propres à chacun (de la même manière que vos enfants ont tout d'abord appris à marcher et à parler) ".
Voici donc la juste position du parent unschooler : ne jamais s'imposer ni imposer, même sans le vouloir, mais être un soutien et savoir parfois (souvent ?) s’effacer.
2) Suivre leurs intérêts
L'auteur préconise de soutenir les passions de nos enfants, d'accepter pleinement leurs choix, même s'ils sont exclusifs, et de ne pas juger ni tomber dans la peur (dans le cas d'un fort intérêt pour les jeux vidéos par exemple)...
3) Les choix
Voici un des apprentissages clés selon l'auteur à favoriser chez nos enfants : savoir faire des choix et respecter les choix des autres. Elle écrit à l'intention des parents :
" Il ne peut y avoir de véritable choix si vous les manipulez par un soupir ou un regard particulier, même de manière subtile ".
Pour elle, le fait de savoir faire un choix judicieux est un savoir essentiel car utile toute une vie. Elle préconise néanmoins de veiller à ce que le fait de choisir reste à un niveau acceptable pour un enfant.
En ce qui concerne le choix de l'enfant de s'inscrire à une activité, de la poursuivre ou de l'abandonner, elle écrit :
" En tant que parent, il n'est pas nécessaire de leur enseigner ce genre d'engagement (...) ; il est préférable au contraire de les aider à trouver des choses qui leur plaisent tellement que leur dévouement, et l'apprentissage qui en découle, suivra naturellement. "
Pour ma part, je n'ai pas été d'accord avec tous les propos évoqués dans les parties 2 et 3 ; à
mon goût, le cadre y est parfois trop souple et cela ne correspond pas à ce que
je souhaite offrir à mes enfants, ni aux besoins spécifiques de mon second fils ; mais il y a de nombreuses idées intéressantes et à approfondir.
4) A la place du non
Comme de nombreux auteurs du courant de la CNV, elle insiste sur l'importance de ne pas dire trop souvent non aux enfants ; cela ne signifie pas qu'il faille dire oui à tout mais qu'il faut se méfier du non automatique : elle encourage ainsi à prendre un instant de réflexion et à se demander : " Pourquoi pas ? " avant de répondre à une demande de l'enfant.
L'ouvrage préconise aussi de remplacer les règles, souvent trop rigides, par des principes qui "
encouragent la discussion et l'évaluation des situations ".
Attention cependant de ne pas foncer tête baissée dans une vie sans règles qui serait déstabilisante et nuisible pour l'enfant : le but n'est pas d'arriver au chaos !!!
5) Vivre ensemble
Voici une citation de cette partie qui m'a beaucoup interpellée :
" (...) la liberté de poursuivre leurs intérêts et faire leurs propres choix encourage nos enfants dans leurs apprentissages. La liberté fonctionne tellement bien dans les domaines d'apprentissage académiques que l'étendre à l'apprentissage de la vie paraît tout naturel : apprendre à se connaître eux-mêmes, à reconnaître leurs propres besoins en nourriture et en sommeil et à organiser leur environnement comme ils le préfèrent ".
Elle aborde donc dans cette dernière partie, le sujet des heures de coucher et de lever, des restrictions en matière d'alimentation, de la participation aux tâches ménagères... avec des points de vue qui divergent souvent des miens, avouons-le !!!
Enfin, une synthèse en fin d'ouvrage tente d'harmoniser le tout et un principe directeur du unschooling se sous-tend :
" Finalement, une fois la surveillance de l'acquisition des connaissances perdue de vue, la véritable priorité a commencé à émerger - notre relation ".
Même si je n'ai pas été d'accord avec l'ensemble des assertions de cet ouvrage, j'en ai beaucoup apprécié la lecture : simple et facile à lire, il offre un vrai aperçu pratique de ce qu'est le unschooling, même si on ne peut pas dire qu’il s'agisse d'un témoignage à proprement parler (quelques anecdotes ponctuent toutefois le propos) : je vous encourage donc à le lire !!!