vendredi 27 février 2009

Pour commencer en Montessori, un seul mot d'ordre : vie pratique !!!

Et oui, lorsque l'on souhaite se lancer dans l'application de la pédagogie Montessori avec son (ou ses) enfant(s), il est recommandé, selon l'âge de ce(s) dernier(s), de commencer par une période exclusivement consacrée aux activités de vie pratique.

" Quezako ? " se demanderont peut être certains. Il s'agit de mettre à la disposition de l'enfant une série d'activités et de tâches à accomplir afin de lui permettre de développer et de perfectionner sa coordination et sa concentration pour qu'il puisse plus tard accéder à des activités et travaux plus compliqué nécessitant des matériels spécifiques.

Je laisse la parole à Murielle LEFEBVRE qui s'exprime avec clarté sur ce sujet :

En utilisant l’inclination naturelle de l’enfant comme point de départ, le Dr. Montessori a structuré plusieurs exercices pour la classe afin d’aider l’enfant à satisfaire son besoin d’activités significatives. Pour ces exercices elle utilise des objets familiers - boutons, brosses, vaisselle, brocs, eau et beaucoup d’autres objets que l’enfant connaît de son expérience à la maison.

Pour un jeune enfant les tâches qu’un adulte considère comme étant ordinaires - laver la vaisselle, éplucher les légumes et cirer les chaussures - possèdent quelque chose de spécial. C’est excitant pour l’enfant car cela lui permet d’imiter les adultes. L’imitation est l’un des plus forts besoins de l’enfant durant ses premières années.

Plusieurs exercices de vie pratique impliquent l’utilisation de l’eau avec laquelle la plupart des enfants aiment naturellement jouer. Transporter de l’eau dans un broc et la verser dans une bassine aide l’enfant à perfectionner sa coordination. Lorsqu’il commence à être absorbé par une activité telle que nettoyer une table, il allonge graduellement sa durée de concentration. Il apprend également à être attentif lorsqu’il suit une séquence d’actions répétées. Enfin, il apprend de bonnes habitudes de travail en finissant chaque tâche et en rangeant tout son matériel avant de commencer une autre activité.

Bien que les activités de vie pratique peuvent sembler simples et banales, elles sont en réalité une partie très importante du programme Montessori. Chacune des tâches aide l’enfant à perfectionner sa coordination afin qu’il puisse travailler ultérieurement avec le matériel académique plus compliqué. Aucun apprentissage ne se fait sans concentration ni attention. L’enfant prépare l’apprentissage en perfectionnant des exercices qui l’aident progressivement à allonger la durée pendant laquelle il peut focaliser son attention durant une activité spécifique.

Puisqu’il y a de nombreuses opportunités d’exercices de vie pratique à la maison, les parents peuvent encourager l’enfant à s’habiller lui-même dès qu’il montre de l’intérêt dans ces différentes activités.

Si l’enfant souhaite laver la vaisselle, ranger des objets, nettoyer les cuivres, ou verser le lait, les parents devraient utiliser la même procédure méthodique qui est encouragée dans la classe afin que les bonnes habitudes deviennent une seconde nature pour l’enfant.


Après s'être ainsi imprégné de la pensée montessorienne, il devient évident que l'application de ces conseils ne relèvent pas seulement de la mise en place d'une simple pédagogie mais que c'est tout un art de vivre, une philosophie qui est en jeu.

Car, nous sommes pour la plupart, issus d'une génération où l'enfant est considéré comme " inférieur " à l'adulte et dépendant de ce dernier. A l'inverse, Maria nous encourage à voir en eux de petits êtres dont l'autonomie ne demande qu'à être encouragée et stimulée. C'est pour cette raison qu'il est nécessaire, au delà de l'intégration et de la participation de l'enfant aux "exercices " de la vie quotidienne, de mettre à la disposition de l'enfant des plateaux d'activités de vie pratique qui lui permettront d'aller vers ces activités au moment où il en ressent le besoin ou l'envie et de pouvoir répéter ces gestes en cours d'acquisition autant de fois qu'il le souhaitera.

La mise en place de ces plateaux ne demande que peu de moyens, tant sur un plan financier que pratique. Dans l'idéal, ces derniers seront rangés dans un espace de " travail " sur des étagères à la portée de l'enfant qui pourra les utiliser à sa convenance une fois qu'ils lui auront été présentés. Mais, si comme actuellement chez nous, la place fait défaut on peut tout à fait photographier chacun de ces plateaux dans l'idée de constituer un classeur ou une boîte représentant toutes les activités disponibles et donner à l'enfant celles qu'il aura choisies (l'importance de la notion de choix est importante car l'enfant sait ce dont il a besoin et il faut qu'il puisse trouver suffisamment de matière à explorer dans le nombre d'activités qui lui sont proposées).

Il y aurait bien des activités à présenter mais je me limite ici à celles que j'ai mises en place pour le moment et que mon petit bonhomme réalise régulièrement, au gré des ses envies et besoins.Voici donc quelques photos des plateaux que mon fils peut utiliser quand il le souhaite suivies de mise en situation des activités correspondantes :

1. les pinces à linge : il s'agit de positionner les pinces à linge sur un récipient ce qui permet à l'enfant d'affiner en autres les capacités motrices de préhension et de coordination nécessaires plus tard à l'apprentissage de l'écriture. En prime, il peut ensuite donner un coup de main à l'étendage du linge !!!

Le plateau.

Mad qui tire la langue d'application (et quelques " aïes " dûs au pincements lors de la première séance !!!).

2. les versés : ils permettent à l'enfant de travailler sur la concentration et la précision du geste. Ils se déclinent en de nombreuses variantes (on commence par des versés de graines plus ou moins grosses (ici des lentilles corail) pour arriver au liquide ; on peut apporter des variantes dans la manipulation en utilisant progressivement pichet puis cuillère pour le transvasement). Quel plaisir pour l'enfant quand, en prime, il devient autonome pour la satisfaction de sa soif et se sert tout seul de l'eau à table !!! Mad a énormément affiné sa capacité de transvasement après les heures qu'il a passé sur ses versés de lentilles corail puis de liquide !!!

Le plateau.

D'abord au pichet...

... puis à la cuillère !

Tiens, que c'est amusant de transvaser de l'eau d'une bassine à une autre avec une éponge !

3. les triés : ces exercices permettent d'affiner le geste de préhension par la manipulation d'outils tels que la pince (ici une pince à spagettis). On peut imaginer mille variations pour augmenter la difficulté en changeant les objets à attraper (cotons souples pour commencer puis noix puis grains de café à la pince à épiler,ect...).

Le plateau.

En pleine concentration.

4. les boîtes à ouvrir / fermer : le travail des différents système d'ouverture et de fermeture sollicite la concentration et la précision de l'enfant et lui ouvre la voie à une plus grande autonomie.

Le plateau.

Après de multiples tatonnements, quel plaisir d'ouvrir seul toutes ces boîtes !

Je ne peux pas clôturer ce billet sans un mot sur l'importance de l'aménagement intérieur dans le domaine de la vie pratique. En adaptant l'environnement à l'enfant, on lui évite des frustrations et on lui permet d'accéder à l'autonomie dont il a tant besoin pour grandir et se développer.

Un étagère pour sa vaisselle, et c'est tout de suite plus facile de dresser son couvert !

Un petit lavabo à sa hauteur à disposition et une petite serviette, super pour se laver seul les dents ou les mains !

Voilà quelques idées qui, j'espère, vous prouveront que l'application de exercices de vie pratique ne demande que peu de moyens et d'organisation. Et cependant, que de satisfaction au bout du chemin...

Mes chiffres rugueux

Pour la réalisation des chiffres rugueux, peu de temps avant celle des lettres, je n'avais pas envie d'investir dans de l'isorel ni de me lancer dans la peinture. J'ai donc cherché une alternative qui me permettrait de concilier mes exigences de recyclage et de récupération avec mon souci de la qualité et de la durabilité du produit fini.

J'ai donc choisi d'utiliser un papier épais que je possédais déjà, de couleur vive pour le côté attractif, que j'ai coupé en rectangles que j'ai ensuite plastifiés. Puis j'ai procédé de la même manière que pour les lettres pour le décalquage - traçage - découpage des chiffres rugueux.


Coût total de l'opération : 0 euro de dépense puisque je possédais déjà toutes les fournitures nécessaires à la réalisation de ce matériel !

Pour quelqu'un qui voudrait se lancer dans cette réalisation, prendre en compte le coût du papier, des pochettes de plastification (deux pochettes A4), du papier de verre (le prévoir fin, le mien est trop épais et du coup moins agréable à la manipulation - je pense d'ailleurs en refaire un deuxième jeu avec du papier de verre au grain plus fin) soit moins de 1 euro si toutes les feuilles utilisées proviennent de lots !!!

Le résultat est avantageux sur plusieurs plans :
  1. gain de place par rapport à des plaquettes d'isorel ;
  2. facilité de rangement ;
  3. rapidité de réalisation (moins de deux heures) ;
  4. résistance du produit ;
  5. et bien sûr, prix de revient nettement inféreur à celui des chiffres rugueux du marché !!!

Une matinée bien remplie !

Voilà, c'est aussi ça un des avantages de l'instruction en famille que j'affectionne particulièrement : la souplesse dans l'organisation des journées et de l'emploi du temps. Si on se couche tard ou si un des enfants est malade, pas de course ni de départ précipité le matin. Et si on est prêt de bonne heure, le monde est à nous !

Ce matin, les garçons étaient réveillés, et donc prêts, de bonne heure (et de bonne humeur !) : nous nous sommes donc décidés à faire une virée tous les trois. Une demi-heure à la bibliothèque pour ramener les livres et les CD et en reprendre de nouveaux suivi d'une heure et demi de jeu avec les copains de la ludothèque (et un bon bol d'oxygène et de papotte pour maman par la même occasion !).

Ah, c'est chouette quand la vie prend son temps...

jeudi 26 février 2009

Mes lettres rugueuses

Le premier matériel que j'ai eu envie de fabriquer était celui des lettres rugueuses. Bien que je sache que cela ne servira pas tout de suite (peut être mon inconscient de professeur de français a-t-il pris le dessus...), je me suis régalée à la réalisation.

J'ai fait découpé dans un magasin de bricolage de l'isorel (matériau conseillé par une bloggeuse) : 13 plaques en 15 x 15 cm et 13 en 15 x 20 pour les lettres plus hautes (enfin 15 plaques de chaque pour être juste en cas de problème mieux vaut prévoir...). Coût de l'opération, matériel et découpe comprise : 8 euros !!!

Auxquels se sont ajoutés le prix du papier de verre (moins de 1 euro car acheté en lot), du papier calque (que je possédais déjà), de la colle (une simple colle en tampon pour papier, carton bois...) et de la peinture (deux bombes de laque exempte de métaux lourds (une bleue et une rouge) à 6 euros l'unité).

Soit un coût total d'environ 20-25 euros pour l'alphabet complet et quelques heures de patience pour décalquer les lettres, les reporter au dos du papier de verre et les découper (au ciseau fin et au cutter) avant de pouvoir les coller.



Mais le jeu en valait vraiment la chandelle tant au niveau du prix que du résultat. J'ai hâte de les utiliser mais ce ne sera pas pour le moment !!!

Oui mais, le matériel Montessori, ça coûte cher...

J'aborde dans ce post le point qui m'a fait longtemps remettre à plus tard la décision d'appliquer la pédagogie Montessori avec mes enfants. Au fil de mes recherches et lectures (je reviendrais sur les livres que j'apprécie dans un prochain billet), j'ai découvert que Maria Montessori avait crée cette pédagogie pour des enfants de milieux défavorisés.

La création de la première Maison des enfants (Casa dei bambini) a lieu en 1907 dans le quartier populaire de San Lorenzo à Rome. En vue d'améliorer la vie du quartier, un organisme met en chantier la construction de deux immeubles pour regrouper la population des taudis. Son directeur demande alors à Maria Montessori d'organiser la vie des enfants habitant ces immeubles. Les objectifs sont :

  • regrouper tous ces enfants et les empêcher d'errer, de semer le désordre.
  • procurer une meilleure hygiène et instaurer une harmonie familiale.

On offre aux enfants une « petite maison » dans une « grande maison » pour y vivre la journée. Les parents ont libre accès de l'école. En contrepartie, ils doivent veiller à la propreté et à la bonne tenue (vestimentaire) des enfants. L'institutrice a l'obligation d'habiter dans l'immeuble pour mieux collaborer avec les parents, dans une optique commune d'éducation des enfants. La Casa dei bambini devient une base de recherche, un laboratoire d'expérimentation où Maria Montessori construit et éprouve sa méthode.

Extrait de WIKIPEDIA.


Elle a donc mis au point toute une panoplie de matériel destiné à favoriser l'apprentissage des activités de la vie quotidienne et des savoirs par le biais de l'expérience sensorielle. Il parait évident que ce matériel, alors " fabrication maison " comme on le dirait aujourd'hui, ne lui a pas coûté les yeux de la tête.

Or, pour le quidam qui décide au XXI ème siècle de se fournir en matériel dans le ut d'appliquer cette méthode à sa pratique (que ce soit dans le cadre privé ou professionnel), la découverte des tarifs pratiqués par les revendeurs officiels est un véritable choc (surtout en cette fameuse période de crise économique) ...

Le matériel sensoriel de base se vend en effet à des tarifs souvent exorbitant : ainsi, on trouve la fameuse tour rose à 125 euros et les barres numériques avoisinent les 75 euros... Mais, plus surprenant encore, les 11 pots à crayons colorés préconisés pour le rangement par couleur des crayons et l'apprentissage de l'ordre atteignent sur certains sites la modique somme de ...

... 80 euros !!! Je suis stupéfaite de voir une telle envolée des prix ! Il ne s'agit après tout QUE de pots à crayons, tant bien même le concept du classement est intéressant. Et encore, si le matériel à acheter se limitait à quelques objets spécifiques, mais c'est toute une panoplie qu'il est nécessaire de posséder afin de permettre à l'enfant la possibilité du choix et de la diversité dans ses apprentissages. Je doute que Maria, si elle était encore de ce monde, se réjouirait au spectacle d'un commerce si lucratif dont la conséquence la plus regrettable à mon sens est de laisser penser que cette pédagogie ne s'adresse et n'est applicable que par une élite sociale aux revenus plus que confortables...

Toujours est-il que ce constat m'avait laisser croire que cette façon de faire ne m'était pas accessible... Jusqu'à ce que je découvre sur la toile les conseils avisés de montessoriennes expérimentées - et souvent formées - qui expliquaient, souvent en détail, qu'il était possible de fabriquer soi-même son matériel, et pour des coûts nettement avantageux. Une lueur d'espoir s'alluma en moi et mon côté créatif se réjouit à la perspective des créations qui m'attendaient (même si le temps nécessaire à leur réalisation n'est pas des plus évident à trouver dans un emploi du temps de maman à temps plein d'enfants en bas âge...). Au fil de mes travaux, je me mis à essayer de concilier avec cette décision de fabriquer le matériel destiné à mes enfants avec mes préoccupations en matière de développement durable et d'écologie. C'est ainsi que je me mis à voir en chaque objet ou emballage une possibilité de " détournement montessorien" (attention je tiens à préciser que ce phénomène peut devenir une vraie maladie chronique mangeuse de temps !!!) ... L'objet du prochain billet sera donc consacré à mes petites fabrications, en espérant que ma modeste contribution pourra mettre le pied à l'étrier à d'autres mamans hésitantes !

mercredi 25 février 2009

Pourquoi Montessori ?

Je n'arrive pas à me rappeler de la première fois que j'ai entendu parler de la méthode mise au point par Maria Montessori. Comme la décision d'éduquer mes enfants à la maison, la découverte du panel des possibilités qui s'offrent aux parents en matière d'éducation s'est faite tellement progressivement que je n'arrive plus à en situer le point de départ ; le maternage proximal, l'instruction en famille, c'est comme la potion magique pour Obélix : quand on tombe dans le chaudron, ensuite on ne peut plus s'en passer !!!


Quand je refais mentalement à l'envers le parcours qui m'a, qui nous a conduits à aujourd'hui, je me rends compte combien les recherches, les réflexions, les décisions se sont faites par tâtonnements et par étapes. Je me rappelle encore d'une étape clé de ce parcours : la décision de porter notre enfant en écharpe dès sa naissance. Rien à voir avec l'IEF me direz-vous... Et pourtant, si vous saviez !!!

Je reviens à cette décision : convaincus par Suite à venir...

Petit retour aux sources...

Il me parait nécessaire en premier lieu de revenir aux circonstances qui m'ont amenée à la décision de ne pas scolariser en septembre mon ainé qui allait avoir deux ans et demi.

Aussi longtemps que je m'en souvienne j'ai toujours eu le désir de devenir maman. Cependant, alors que ma propre mère avait fait le choix de s'occuper de nous à temps plein, je n'ai jamais souhaité faire la même chose. Je pensais que l'épanouissement personnel passait forcément par une reconnaissance sociale. C'est donc tout naturellement que je me suis destinée à l'enseignement des Lettres, un domaine qui m'a toujours passionnée.

J'ai eu la chance de bien réussir mon parcours scolaire et à 21 ans je décrochais la même année mon Master I et mon Capes, alors que je m'étais présentée en candidate libre à titre d'entraînement sans trop y croire. Cependant, passées les premières joies, l'année de formation à l'IUFM m'a fait connaître mes premières déconvenues sur le système éducatif en place dans notre pays. Mon année de stage et mes premiers postes m'ont fait découvrir mes facettes du système scolaire que je n'avais jamais imaginées : devoir de rentabilité, classe surchargée, moyens limités, impossibilité à individualiser le rapport à l'élève en fonction de ses possibilités en raison des programmes à suivre, pression du système de notation... j'en passe et des meilleures. J'ai commencé à me rendre compte que je devenais petit à petit comme ces professeurs que je n'avais pas appréciés pendant ma scolarité en dépit des promesses personnelles que je m'étais faites...

Parallèlement, nous avions pendant ma première année de titularisation, concrétiser avec mon mari le projet de devenir parents. Et en mars 2006, avec un mois d'avance mais en pleine forme, notre premier fils pointait le bout de son nez...

Madiân

Dès la grossesse, j'avais imperceptiblement commencé à changer... Je voulais ce qu'il y avait de mieux pour mon bébé et ce mieux commençait par un mode de vie plus sain et respectueux. C'est ainsi que j'ai entraîné mon mari dans l'univers du bio, des couches lavables, du portage puis après l'arrivée de notre loulou du cododo, de l'allaitement à la demande, du sevrage naturel... mais tout ceci est une autre histoire que je détaillerai peut être plus en détail dans un prochain billet !

Arriva ensuite la question de l'éducation de bébé. En bonne fonctionnaire (!), j'avais réussi à faire coïncider mes congés d'été avec la fin de mon congé maternité. Quand je laissais ma crevette pour la première fois, il avait donc plus de 5 mois. Cependant, la séparation n'allait pas de soi pour moi - bien que j'appréciais énormément la nourrice que nous avions choisi et que nous avions décidé que je ne travaillerais qu'à 80 % malgré le statut d'étudiant de mon mari. Tout le monde me disait que c'était une question d'habitude, que je finirais par m'y faire mais rien n'y fit et malgré le peu de demi journée de garde, jusqu'au dernier jour de l'année scolaire, c'est la larme à l'oeil que je déposais mon précieux fils chez sa " nounou "...

Heureusement, nous avions souhaité peu d'écart entre nos deux premiers enfants et, dès le mois de mai 2007, j'étais de nouveau enceinte. L'année scolaire qui suivie fut donc des plus courtes puisque je fus arrêtée aux vacances de la Toussaint et le 12 janvier 2008, avec 15 jours d'avance, un second petit garçon vint agrandir la famille pour notre plus grande joie !

Elijah

Je décidais alors de prolonger de 6 mois de congé parental mon congé maternité. Cependant, les premiers temps furent très difficiles car mon tout petit souffrait d'un RGO sévère qui tarda à être diagnistiqué (et donc traité...) et se révéla être un bébé aux besoins intenses (BABI), ce qui nous entraîna dans un univers que nous étions à mille lieues de soupçonner...

Je commençais à m'angoisser en pensant aux mois qui allaient suivre : comment ce petit bonhomme qui avait tant besoin de moi allait-il supporter la séparation quand j'allais reprendre le travail ? Devrais reprendre à 50 ou à 80 % ? Quelle nourrice aurait de la place pour les deux ? Au fil de mes recherches et de mes réflexions, je me rendais à l'évidence : mes angoisses et mon mal-être venait en grande partie de ce seul constat : je ne voulais pas laisser mes enfants. Je voulais être avec eux ; à TEMPS PLEIN. C'est alors qu'il m'a fallu faire une remise en question personnelle d'abord, puis au sein de notre couple, car la possibilité que je reste à la maison n'avait jamais été abordée. Mais nous nous étions tous les quatre habitués à la souplesse d'une vie sans horaires et nous nous sommes vite mis d'accord pour décider que je ne reprendrais pas avant la rentrée suivante. Cela réglait le problème de la nounou que je n'arrivais pas à trouver : aucune n'avait de place pour les deux et on me laissait entendre que mon " grand " allait avoir deux ans et demi et que sa place était peut être à l'école... Or, ni moi, ni mon mari ne jugions nécessaire de mettre un si petit enfant à l'école, et la question se trouvait réglée puisque je ne reprenais pas le travail.

C'est au cours de cette période et au fil des interrogations grandissantes de notre entourage (" Alors, quand est-ce qu'il va à l'école ? ") que je repensais à l'association LAIA dont j'avais entendu parler lors d'une des mes visites au Café des parents et des Enfants que j'avais fréquenté avant de déménager. La possibilité d'instruire moi-même mon enfant me semblait de plus en plus naturelle et je me mis à me renseigner activement sur le sujet. Mon mari se montra intéressé par la question, bien que réticent à l'idée de prolonger cette façon de faire au delà de la maternelle. Nous tombâmes d'accord sur le fait que nos enfants seraient éduqués à la maison aussi longtemps que possible.

S'ensuivirent alors des successions d'évènements et de réflexions qui aboutirent à une nouvelle prolongation de mon congé et, après avoir lu l'excellent livre intitulé " Les dix plus gros mensonges sur l'école à la maison " et visionné une émission consacrée à ce sujet, mon mari tomba d'accord avec moi sur le constat que nous n'étions pas obligés de scolariser nos enfants et que, même si notre entourage se montrait plus que réticent à notre projet, notre démarche ne regardait que notre famille et que nous n'allions pas mettre nos enfants à l'école juste par peur du qu'en dira t-on. La première étape dans notre décision de pratiquer l'instruction en famille était atteinte ...

mardi 24 février 2009

C'est parti !!!

Voilà à force de fureter de ci delà sur le Net et de puiser mon inspiration dans les sites et blogs des montessoriens de la toile, j'ai décidé de me lancer moi aussi dans la création d'un blog qui me servira de journal tout au long de cette expérience !!!

Quelle expérience ? Celle de l'instruction en famille (temporairement ou non ?) pour mes deux loulous !!! Mad la terreur aura 3 ans dans 1 mois et Tornadeli, son petit frère, a actuellement 1 an et 1 mois. Autant dire que l'occupation ne manque pas !!! C'est d'ailleurs l'un de mes challenges : réussir à fournir à chacun le temps et les activités nécessaires à son épanouissement sans toutefois m'oublier dans l'histoire. Et oui, Minipouce ne fait toujours pas ses nuits et dort très peu en journée alors pas toujours facile de trouver l'énergie et la patience pour tout concilier...

Mais bon, " à cœur vaillant, rien d'impossible " dit la maxime populaire alors avec un peu d'organisation et de ténacité on devrait y arriver ! Et qui sait, ce ne sera peut être pas bénéfique qu'aux enfants ?!!