Il me parait nécessaire en premier lieu de revenir aux circonstances qui m'ont amenée à la décision de ne pas scolariser en septembre mon ainé qui allait avoir deux ans et demi.
Aussi longtemps que je m'en souvienne j'ai toujours eu le désir de devenir maman. Cependant, alors que ma propre mère avait fait le choix de s'occuper de nous à temps plein, je n'ai jamais souhaité faire la même chose. Je pensais que l'épanouissement personnel passait forcément par une reconnaissance sociale. C'est donc tout naturellement que je me suis destinée à l'enseignement des Lettres, un domaine qui m'a toujours passionnée.
J'ai eu la chance de bien réussir mon parcours scolaire et à 21 ans je décrochais la même année mon Master I et mon Capes, alors que je m'étais présentée en candidate libre à titre d'entraînement sans trop y croire. Cependant, passées les premières joies, l'année de formation à l'IUFM m'a fait connaître mes premières déconvenues sur le système éducatif en place dans notre pays. Mon année de stage et mes premiers postes m'ont fait découvrir mes facettes du système scolaire que je n'avais jamais imaginées : devoir de rentabilité, classe surchargée, moyens limités, impossibilité à individualiser le rapport à l'élève en fonction de ses possibilités en raison des programmes à suivre, pression du système de notation... j'en passe et des meilleures. J'ai commencé à me rendre compte que je devenais petit à petit comme ces professeurs que je n'avais pas appréciés pendant ma scolarité en dépit des promesses personnelles que je m'étais faites...
Parallèlement, nous avions pendant ma première année de titularisation, concrétiser avec mon mari le projet de devenir parents. Et en mars 2006, avec un mois d'avance mais en pleine forme, notre premier fils pointait le bout de son nez...
Dès la grossesse, j'avais imperceptiblement commencé à changer... Je voulais ce qu'il y avait de mieux pour mon bébé et ce mieux commençait par un mode de vie plus sain et respectueux. C'est ainsi que j'ai entraîné mon mari dans l'univers du bio, des couches lavables, du portage puis après l'arrivée de notre loulou du cododo, de l'allaitement à la demande, du sevrage naturel... mais tout ceci est une autre histoire que je détaillerai peut être plus en détail dans un prochain billet !
Arriva ensuite la question de l'éducation de bébé. En bonne fonctionnaire (!), j'avais réussi à faire coïncider mes congés d'été avec la fin de mon congé maternité. Quand je laissais ma crevette pour la première fois, il avait donc plus de 5 mois. Cependant, la séparation n'allait pas de soi pour moi - bien que j'appréciais énormément la nourrice que nous avions choisi et que nous avions décidé que je ne travaillerais qu'à 80 % malgré le statut d'étudiant de mon mari. Tout le monde me disait que c'était une question d'habitude, que je finirais par m'y faire mais rien n'y fit et malgré le peu de demi journée de garde, jusqu'au dernier jour de l'année scolaire, c'est la larme à l'oeil que je déposais mon précieux fils chez sa " nounou "...
Heureusement, nous avions souhaité peu d'écart entre nos deux premiers enfants et, dès le mois de mai 2007, j'étais de nouveau enceinte. L'année scolaire qui suivie fut donc des plus courtes puisque je fus arrêtée aux vacances de la Toussaint et le 12 janvier 2008, avec 15 jours d'avance, un second petit garçon vint agrandir la famille pour notre plus grande joie !
Je décidais alors de prolonger de 6 mois de congé parental mon congé maternité. Cependant, les premiers temps furent très difficiles car mon tout petit souffrait d'un RGO sévère qui tarda à être diagnistiqué (et donc traité...) et se révéla être un bébé aux besoins intenses (BABI), ce qui nous entraîna dans un univers que nous étions à mille lieues de soupçonner...
Je commençais à m'angoisser en pensant aux mois qui allaient suivre : comment ce petit bonhomme qui avait tant besoin de moi allait-il supporter la séparation quand j'allais reprendre le travail ? Devrais reprendre à 50 ou à 80 % ? Quelle nourrice aurait de la place pour les deux ? Au fil de mes recherches et de mes réflexions, je me rendais à l'évidence : mes angoisses et mon mal-être venait en grande partie de ce seul constat : je ne voulais pas laisser mes enfants. Je voulais être avec eux ; à TEMPS PLEIN. C'est alors qu'il m'a fallu faire une remise en question personnelle d'abord, puis au sein de notre couple, car la possibilité que je reste à la maison n'avait jamais été abordée. Mais nous nous étions tous les quatre habitués à la souplesse d'une vie sans horaires et nous nous sommes vite mis d'accord pour décider que je ne reprendrais pas avant la rentrée suivante. Cela réglait le problème de la nounou que je n'arrivais pas à trouver : aucune n'avait de place pour les deux et on me laissait entendre que mon " grand " allait avoir deux ans et demi et que sa place était peut être à l'école... Or, ni moi, ni mon mari ne jugions nécessaire de mettre un si petit enfant à l'école, et la question se trouvait réglée puisque je ne reprenais pas le travail.
C'est au cours de cette période et au fil des interrogations grandissantes de notre entourage (" Alors, quand est-ce qu'il va à l'école ? ") que je repensais à l'association LAIA dont j'avais entendu parler lors d'une des mes visites au Café des parents et des Enfants que j'avais fréquenté avant de déménager. La possibilité d'instruire moi-même mon enfant me semblait de plus en plus naturelle et je me mis à me renseigner activement sur le sujet. Mon mari se montra intéressé par la question, bien que réticent à l'idée de prolonger cette façon de faire au delà de la maternelle. Nous tombâmes d'accord sur le fait que nos enfants seraient éduqués à la maison aussi longtemps que possible.
S'ensuivirent alors des successions d'évènements et de réflexions qui aboutirent à une nouvelle prolongation de mon congé et, après avoir lu l'excellent livre intitulé " Les dix plus gros mensonges sur l'école à la maison " et visionné une émission consacrée à ce sujet, mon mari tomba d'accord avec moi sur le constat que nous n'étions pas obligés de scolariser nos enfants et que, même si notre entourage se montrait plus que réticent à notre projet, notre démarche ne regardait que notre famille et que nous n'allions pas mettre nos enfants à l'école juste par peur du qu'en dira t-on. La première étape dans notre décision de pratiquer l'instruction en famille était atteinte ...

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