Autour de nous, les gens nous reprochent parfois de ne pas être assez " stricts " avec nos garçons, de ne pas nous faire assez " respecter " ; bref, pour faire court et en grossissant le trait : de mal les élever !!!
En agissant comme nous le faisons, notre entourage pense peut-être que nos enfants ont " le dessus" sur nous, qu'ils " font la loi " à la maison ou encore que nous ne les préparons pas au monde de frustration et de violence qui les entoure, surtout qu'en ne les mettant pas à l'école, nous les " coupons " de la réalité environnante...
Mais, je vous pose une question : devrions-nous mettre nos fils à l'école uniquement pour leur apprendre ce qu'est la vie, comment il faut se plier au monde pour avancer, ne pas faire de vague pour ne pas se faire remarquer ? Si c'est l'idée que vous avez de l'école, quelle triste constat...
Si je défends bien évidemment, en tant qu'enseignante, l'idée d'une instruction publique, laïque et obligatoire, ce que je refuse pour mes enfants, ce sont les modalités actuelles de mise en œuvre de cette instruction.
Mais, le but de ce message n'étant pas de faire le procès de l'école, mais plutôt de protester contre la vision réductrice de notre éducation que se font certaines personnes de notre entourage, je reviens à mon propos.
Aussi , je vous pose cette question : devrions-nous mettre des fessées à nos enfants sous prétexte qu'il faut leur fixer des limites, leur apprendre qu'on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie, nous faire respecter ?
Quand un de vos invités casse par maladresse un verre, lui mettez-vous une tape sur la main pour lui faire comprendre les conséquences de sa négligence ?
Quand vous assistez au spectacle d'un adulte qui pleure, lui assenez-vous d'arrêtez de pleurer parce que ce " n'est pas grave " ?
Qui sommes-nous pour jugez des émotions d'autrui ? Avez-vous le pouvoir de lire dans les cœurs ? Mon mari et moi n'en avons pas la prétention. Aussi, essayons-nous d'accueillir les réactions, les comportements, les pleurs et les colères de nos fils quand ils se manifestent avec le plus de respect et d'empathie possible, dans la limite de notre fatigue et de nos possibilités du moment (ainsi que de la pression sociale il faut bien l'admettre...).
Cela suffit-il pour affirmer que nous ne savons pas leur poser de limites ? Cela en fera-t-il pour autant des enfants tyrans ? Nous en prenons le risque.
Oui, nos garçons sont souvent fatigants, épuisants, énervants. Mais est-ce leur seul comportement qui est à l'origine de notre fatigue et de notre exaspération ? Si nous n'avions que nos enfants à nous occuper, si nous ne rentrions pas fatigués d'une dure journée de travail, si nous n'étions pas exaspérés par les corvées de linge et de ménage qui reviennent si souvent, par les placards qui se vident plus vite qu'ils ne se remplissent, exténués par les rendez-vous qu'il faut honorer, réagirions-nous ainsi ?
Dans un monde où tout est régi, jugé, structuré, quelle sphère de liberté reste-t-il aux individus en formation que sont nos enfants pour apprendre à grandir au travers de leurs erreurs, à se construire au-delà de leurs échecs, à évoluer pour devenir des adultes bien dans leurs corps et dans leur tête ? Comment devenir un adulte respectueux, quand on n'a pas été respecté soi-même enfant, dans ses sentiments et ses affects, ses qualités et ses faiblesses ?
Bien sûr, il est parfois tentant de les punir, de les discipliner physiquement, surtout quand les tracas et la fatigue du quotidien se font pesants...
Mais, nous le savons, le chemin que nous empruntons n'est pas celui de la facilité et du repos, espérant ardemment qu'il nous mènera à terme vers des rapports familiaux équilibrés et respectueux.
" Mais si vous ne leur dites jamais rien, si vous ne les disciplinez jamais, vos enfants sont donc libres de tout faire, ils n'ont aucune limite ? ", me rétorqueront certains.
Je reprendrais à mon comptes les paroles du site de L'école de la vie pour leur répondre : NON ! Nos enfants apprennent l’autodiscipline, ce qui est très différent de l’absence de discipline.
" Les enfants indisciplinés et inexpérimentés ne sont pas vraiment libres mais sont plutôt esclaves de leurs désirs immédiats et plus ils avanceront en âge avec des comportements inadaptés, plus il sera difficile de modifier ces comportements. En réalité, un comportement destructeur rend malheureux l’individu qui le perpétue.
Être libre signifie beaucoup plus que « faire ce que l’individu désire faire », être libre implique aussi et surtout la capacité de pouvoir distinguer et de pouvoir choisir ce qui est bénéfique et constructif pour soi pour ensuite être capable de mener ces choix à terme.
[Dans notre foyer], la seule véritable limite que chacun se fixe, est le respect : de soi-même, des autres et de l'environnement dans lequel il évolue. Une décontraction sur la forme n'est nullement synonyme de laxisme sur le fond. L'enfant qui est respecté n'a pas besoin de provoquer ou de faire ses coups par derrière (...).
Les limites sont fixées en fonction de l'intérêt général, la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres...".
C'est dans ce genre d'environnement et de cadre que nous essayons, tant bien que mal , et parfois bien maladroitement, d'élever nos fils...
Sur ces mots, je vous laisse méditer et vous souhaite une excellente nuit !!!
Remarque : Pour ceux qui ne connaitraient pas l'excellent poème de Paul ELUARD qui inspire le titre de ce billet, allez faire un tour ici !!!
En agissant comme nous le faisons, notre entourage pense peut-être que nos enfants ont " le dessus" sur nous, qu'ils " font la loi " à la maison ou encore que nous ne les préparons pas au monde de frustration et de violence qui les entoure, surtout qu'en ne les mettant pas à l'école, nous les " coupons " de la réalité environnante...
Mais, je vous pose une question : devrions-nous mettre nos fils à l'école uniquement pour leur apprendre ce qu'est la vie, comment il faut se plier au monde pour avancer, ne pas faire de vague pour ne pas se faire remarquer ? Si c'est l'idée que vous avez de l'école, quelle triste constat...
Si je défends bien évidemment, en tant qu'enseignante, l'idée d'une instruction publique, laïque et obligatoire, ce que je refuse pour mes enfants, ce sont les modalités actuelles de mise en œuvre de cette instruction.
Mais, le but de ce message n'étant pas de faire le procès de l'école, mais plutôt de protester contre la vision réductrice de notre éducation que se font certaines personnes de notre entourage, je reviens à mon propos.
Aussi , je vous pose cette question : devrions-nous mettre des fessées à nos enfants sous prétexte qu'il faut leur fixer des limites, leur apprendre qu'on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans la vie, nous faire respecter ?
Quand un de vos invités casse par maladresse un verre, lui mettez-vous une tape sur la main pour lui faire comprendre les conséquences de sa négligence ?
Quand vous assistez au spectacle d'un adulte qui pleure, lui assenez-vous d'arrêtez de pleurer parce que ce " n'est pas grave " ?
Qui sommes-nous pour jugez des émotions d'autrui ? Avez-vous le pouvoir de lire dans les cœurs ? Mon mari et moi n'en avons pas la prétention. Aussi, essayons-nous d'accueillir les réactions, les comportements, les pleurs et les colères de nos fils quand ils se manifestent avec le plus de respect et d'empathie possible, dans la limite de notre fatigue et de nos possibilités du moment (ainsi que de la pression sociale il faut bien l'admettre...).
Cela suffit-il pour affirmer que nous ne savons pas leur poser de limites ? Cela en fera-t-il pour autant des enfants tyrans ? Nous en prenons le risque.
Oui, nos garçons sont souvent fatigants, épuisants, énervants. Mais est-ce leur seul comportement qui est à l'origine de notre fatigue et de notre exaspération ? Si nous n'avions que nos enfants à nous occuper, si nous ne rentrions pas fatigués d'une dure journée de travail, si nous n'étions pas exaspérés par les corvées de linge et de ménage qui reviennent si souvent, par les placards qui se vident plus vite qu'ils ne se remplissent, exténués par les rendez-vous qu'il faut honorer, réagirions-nous ainsi ?
Dans un monde où tout est régi, jugé, structuré, quelle sphère de liberté reste-t-il aux individus en formation que sont nos enfants pour apprendre à grandir au travers de leurs erreurs, à se construire au-delà de leurs échecs, à évoluer pour devenir des adultes bien dans leurs corps et dans leur tête ? Comment devenir un adulte respectueux, quand on n'a pas été respecté soi-même enfant, dans ses sentiments et ses affects, ses qualités et ses faiblesses ?
Bien sûr, il est parfois tentant de les punir, de les discipliner physiquement, surtout quand les tracas et la fatigue du quotidien se font pesants...
Mais, nous le savons, le chemin que nous empruntons n'est pas celui de la facilité et du repos, espérant ardemment qu'il nous mènera à terme vers des rapports familiaux équilibrés et respectueux.
" Mais si vous ne leur dites jamais rien, si vous ne les disciplinez jamais, vos enfants sont donc libres de tout faire, ils n'ont aucune limite ? ", me rétorqueront certains.
Je reprendrais à mon comptes les paroles du site de L'école de la vie pour leur répondre : NON ! Nos enfants apprennent l’autodiscipline, ce qui est très différent de l’absence de discipline.
" Les enfants indisciplinés et inexpérimentés ne sont pas vraiment libres mais sont plutôt esclaves de leurs désirs immédiats et plus ils avanceront en âge avec des comportements inadaptés, plus il sera difficile de modifier ces comportements. En réalité, un comportement destructeur rend malheureux l’individu qui le perpétue.
Être libre signifie beaucoup plus que « faire ce que l’individu désire faire », être libre implique aussi et surtout la capacité de pouvoir distinguer et de pouvoir choisir ce qui est bénéfique et constructif pour soi pour ensuite être capable de mener ces choix à terme.
[Dans notre foyer], la seule véritable limite que chacun se fixe, est le respect : de soi-même, des autres et de l'environnement dans lequel il évolue. Une décontraction sur la forme n'est nullement synonyme de laxisme sur le fond. L'enfant qui est respecté n'a pas besoin de provoquer ou de faire ses coups par derrière (...).
Les limites sont fixées en fonction de l'intérêt général, la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres...".
C'est dans ce genre d'environnement et de cadre que nous essayons, tant bien que mal , et parfois bien maladroitement, d'élever nos fils...
Sur ces mots, je vous laisse méditer et vous souhaite une excellente nuit !!!
Remarque : Pour ceux qui ne connaitraient pas l'excellent poème de Paul ELUARD qui inspire le titre de ce billet, allez faire un tour ici !!!
C'est pareil ici, avec 3 garçons qui bougent tout le temps! Et une auto-nomie qui n'est pas forcément celle que les autres attendent... Que de choses nous aurons à échanger en avril!
RépondreSupprimermariemimosa
Je reconnais que c'est pas facile tout les jours de se faire comprendre dans notre choix d'éducation ...
RépondreSupprimerD'ailleurs cela ne nous aide pas à garder confiance en nous et en nos choix éducatifs.
Merci pour ce billet, il me fais cogiter plus que tu ne l'imagines !
ton billet me rappelle un poeme:
RépondreSupprimerAPPRENDRE POUR LA VIE
Si l'enfant vie dans la critique,
Il apprend à blâmer.
Si l’enfant vit dans l’animosité,
Il apprend à agresser.
Si l’enfant vit dans la moquerie,
Il apprend à se renfermer en soi-même.
Si l’enfant vie dans la honte,
Il apprend à se sentir coupable.
Si l’enfant vie dans la tolérance,
Il apprend à être patient.
Si l’enfant vit dans la louange,
Il apprend à avoir confiance.
Si l’enfant vit dans l’encouragement,
Il apprend à apprécier les gens.
Si l’enfant vit dans l’équité,
Il apprend à être juste.
Si l’enfant vit dans la sécurité,
Il apprend à avoir foi en l’avenir.
Si l’enfant vit dans l’approbation,
Il apprend à s’aimer lui-même.
Si l’enfant vit dans l’acceptation et l’amitié,
Il apprend à être sensible
A L’AMOUR DANS LE MONDE ;
Dorothy Law Nolte
J'adhere completement!
Mais comme il est fatiguant de devoir toujours justifier nos choix différents aux plus grand nombre!
biz
Merci pour votre soutien et pour ton magnifique poème Peggy !!!
RépondreSupprimerJ'aime beaucoup ce billet, d'autant plus qu'il prend en compte l'aspect perfectible de la situation.
RépondreSupprimerarce que même quand on essaye d'élever ses enfants dans le respect, tout n'est pas parfait, tout n'est pas facile et la réalité ne colle pas toujours avec la théorie.
Mais c'est tellement enrichissant...
Que c'est difficile d'être compris quand on fait le choix de l'école à la maison, même en expliquant le mieux du monde ... On est tous des êtres humains mais on a tous des vécus, des priorités, des modes de réflexions différents ce qui ne permet pas toujours une bonne compréhension des choses. L'essentiel c'est que vous vous sentiez bien et que vous ayez conscience que vous donnez le meilleur à vos deux loulous. C'est une si belle chance de vivre l'école à la maison, pour les enfants et les parents ! :)
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