Grâce à la générosité (et à la patience pour photographier l'ouvrage dans son intégralité) d'Aboz du Forum MONTESSORI, j'ai eu le plaisir de commencé à parcourir ce matin l'ouvrage de Dorothy CANFIELD-FISHER : L'éducation Montessori. Cette mère de famille, qui a pu observer la mise en application de cette pédagogie dans les premières " case dei bambini " (célèbres " maisons des enfants " crées par le Dr Maria MONTESSORI), propose aux lecteurs son analyse de la célèbre méthode ainsi que les modalités de sa mise en application. Certaines des remarques de cet ouvrage m'ont sauté aux yeux de par leur justesse et leur évidente véracité.
J'ai découvert la citation latine qui sert de titre à ce billet, extraite du De la nature des dieux écrit par l'illustre Cicéron (I, 50), dans l'introduction de cet ouvrage (ironique pour le professeur de Latin que je suis, n'est-ce pas ?!!). On peut la traduire de la façon suivante : " L'autorité de ceux qui enseignent nuit souvent à ceux qui veulent apprendre "... Je trouve cette maxime tellement moderne, si juste et adaptée au système d'enseignement actuellement en place qui nous pousse à ne pas scolariser nos enfants.
A propos des enfants qui, dans leurs premières années de vie, donnent l'impression de refuser de se soumettre à une quelconque autorité (cela me rappelle deux petits garçons que je connais bien !!!), Magdeleine DUFRESNE, qui introduit l'ouvrage, explique que Maria MONTESSORI a compris (c'est nous qui soulignons et annotons) que " tout effort de l'enfant doit être le fruit d'un travail personnel et que toute pression extérieure ne fait que retarder cet effort. C'est pourquoi elle trouve inutile de chercher à convaincre le petit enfant par des sermons. Tant qu'il n'a pas expérimenté lui-même la vie, tant qu'il n'a pas trouvé son équilibre, on ne peut rien pour lui. S'il ne veut rien faire, s'il est ce qu'on appelle indiscipliné, il faut attendre patiemment, sans pression : il faut l'aider dans cette construction morale, non par des exhortations ou des punitions, mais en donnant un aliment à son activité. Il faut s'appliquer à diriger ce surplus d'énergie dans un chemin utile, mais il faut se garder de réprimer une force qui est non seulement bonne, mais désirable, étant fondée sur la vraie nature d'un organisme vivant. Sous ce régime, l'enfant apprendra peu à peu à obéir, non parce qu'il ne peut faire autrement, mais parce qu'il sent qu'il le doit ".
Que de sagesse dans cette analyse qui me fait mesurer à quel point le chemin pour éduquer nos garçons de manière respectueuse est encore long à parcourir... Moi qui parfois, dans des moments de doutes (souvent influencée par des jugements extérieurs, il faut l'admettre...) continue à avoir l'impression que Minipouce est un enfant difficile, que Le Grand a un problème avec l'autorité, je me rends compte à quel point il est de mon devoir de maman de leur donner cette " nourriture ", ce besoin d'activités adaptées à leur construction intérieure... Qu'il est difficile, parfois, de les aider à la hauteur de leurs besoins et de leurs attentes, de trouver " désirable " cette énergie qui les pousse à agir, à découvrir sans relâche, quand nous sommes, adultes, contraints par des exigences et des impératifs extérieurs et indépendants de notre propre volonté...
Pour en revenir à l'introduction de Magdeleine DUFRESNE, à ceux qui rétorqueraient qu'il n'est point besoin de cadres d'habillage pour apprendre à s'habiller ou de versés de graines au pichet pour apprendre à se servir un verre d'eau, et que, tôt au tard, tout individu acquiert spontanément la maîtrise de ces gestes sans qu'il soit utile de lui en proposer un apprentissage précoce, elle explique que la supériorité de la méthode Montessori dans ce domaine est (c'est nous qui soulignons et annotons) que " les exercices qu'elle [Maria MONTESSORI] offre aux enfants n'ont pas un but directement pratique ; si ce but est atteint, il ne vient que par surcroît ; le point visé est d'apprendre à l'enfant à apprendre. Il importe peu qu'il puisse reconnaître la différence entre deux teintes de jaune [référence à la troisième boîte des couleurs] ou qu'il puisse distinguer par le seul sens du toucher un morceau de toile d'un morceau de coton [référence aux exercices de vie sensorielle], une planchette de bois ovale d'une planchette ronde [référence au cabinet de géométrie]. Mais il est important qu'il acquiert l'habitude d'observer rapidement les objets qui l'entourent et qu'en un instant il en connaisse les moindres détails. Il est nécessaire que, tout jeune, il apprenne à reconnaître la marque distinctive et le caractère essentiel d'une chose, qu'il sache observer les phénomènes de la nature et les classer suivant leur ordre scientifique. Il est très important qu'il apprenne à distinguer les différences entre des choses qui se ressemblent afin qu'un jour il sache le faire dans l'ordre intellectuel aussi bien que dans l'ordre matériel ".
Combien il devient aisé, à la lecture de ce passage, de comprendre le pourquoi des exercices de Vie Pratique, qui, s'ils peuvent prêter à sourire lorsque que l'on ne prend en considération que leur aspect purement formel, s'avèrent éminemment formateur quand on tient compte de l'étendue de leur champ d'action ! " Sachons donc voir dans ce matériel, conclut-elle, outre son résultat pratique immédiat, la contribution fondamentale qu'il apporte à la formation intellectuelle de l'enfant ".
Quand j'ai lu, par ailleurs, que Maria MONTESSORI était " la première à recommander à ses maîtresses de ne pas prendre ses paroles à la lettre, mais d'expérimenter, par elles-mêmes, ce qui convient le mieux aux enfants ", j'ai compris que l'intuition que j'avais parfois d'adapter, non pas les présentations ou le mode de manipulation du matériel qui ont fait l'objet d'études et d'expériences qui en ont prouvé la validité et la légitimité, mais le rôle et la place de guide de l'adulte que j'essaie d'être était tout à fait justifiée.
La modernité du propos de M. DUFRESNE m'a également stupéfaite quand j'ai lu que " parmi les objections faites au système Montessori, celle qui semble le plus préoccuper le public à trait à l'immoralité d'une éducation dans laquelle le plaisir tient une place si considérable (...). Quelle mauvaise préparation à la vie ! Que deviendront ces pauvres petits êtres trop heureux dans leur enfance et auxquels on n'aura pas appris à s'ennuyer ? Comment supporteront-ils une vie de sacrifice et de peine ? Autant de questions [qui] se posent (...) lorsqu'on (...) dit que [les] enfants doivent être heureux et prendre plaisir à tout ce qu'ils font ". C'est presque mot pour mot une des objections que nous entendons le plus souvent quand nous exposons les motivations qui nous poussent à ne pas mettre nos enfants à l'école.
" Chaque enfant s'impose à lui-même la plus stricte discipline, grâce à l'intérêt qu'il prend à ce qu'il fait ", dit plus loin Dorothy CANFIELD-FISHER. En effet, au travers de la concentration et des efforts qu'il déploie dans la manipulation du matériel, l'enfant apprendra naturellement à se dominer. N'est-ce pas là ce dont tout un chacun rêverait pour son ou ses enfant(s) ?
Mais le temps me manque et je dois m'arrêter là pour aujourd'hui. Je continuerai la lecture de cet ouvrage un peu plus tard et viendrai en faire un petit compte rendu sur le blog quand le temps m'en sera donné !!!
J'ai découvert la citation latine qui sert de titre à ce billet, extraite du De la nature des dieux écrit par l'illustre Cicéron (I, 50), dans l'introduction de cet ouvrage (ironique pour le professeur de Latin que je suis, n'est-ce pas ?!!). On peut la traduire de la façon suivante : " L'autorité de ceux qui enseignent nuit souvent à ceux qui veulent apprendre "... Je trouve cette maxime tellement moderne, si juste et adaptée au système d'enseignement actuellement en place qui nous pousse à ne pas scolariser nos enfants.
A propos des enfants qui, dans leurs premières années de vie, donnent l'impression de refuser de se soumettre à une quelconque autorité (cela me rappelle deux petits garçons que je connais bien !!!), Magdeleine DUFRESNE, qui introduit l'ouvrage, explique que Maria MONTESSORI a compris (c'est nous qui soulignons et annotons) que " tout effort de l'enfant doit être le fruit d'un travail personnel et que toute pression extérieure ne fait que retarder cet effort. C'est pourquoi elle trouve inutile de chercher à convaincre le petit enfant par des sermons. Tant qu'il n'a pas expérimenté lui-même la vie, tant qu'il n'a pas trouvé son équilibre, on ne peut rien pour lui. S'il ne veut rien faire, s'il est ce qu'on appelle indiscipliné, il faut attendre patiemment, sans pression : il faut l'aider dans cette construction morale, non par des exhortations ou des punitions, mais en donnant un aliment à son activité. Il faut s'appliquer à diriger ce surplus d'énergie dans un chemin utile, mais il faut se garder de réprimer une force qui est non seulement bonne, mais désirable, étant fondée sur la vraie nature d'un organisme vivant. Sous ce régime, l'enfant apprendra peu à peu à obéir, non parce qu'il ne peut faire autrement, mais parce qu'il sent qu'il le doit ".
Que de sagesse dans cette analyse qui me fait mesurer à quel point le chemin pour éduquer nos garçons de manière respectueuse est encore long à parcourir... Moi qui parfois, dans des moments de doutes (souvent influencée par des jugements extérieurs, il faut l'admettre...) continue à avoir l'impression que Minipouce est un enfant difficile, que Le Grand a un problème avec l'autorité, je me rends compte à quel point il est de mon devoir de maman de leur donner cette " nourriture ", ce besoin d'activités adaptées à leur construction intérieure... Qu'il est difficile, parfois, de les aider à la hauteur de leurs besoins et de leurs attentes, de trouver " désirable " cette énergie qui les pousse à agir, à découvrir sans relâche, quand nous sommes, adultes, contraints par des exigences et des impératifs extérieurs et indépendants de notre propre volonté...
Pour en revenir à l'introduction de Magdeleine DUFRESNE, à ceux qui rétorqueraient qu'il n'est point besoin de cadres d'habillage pour apprendre à s'habiller ou de versés de graines au pichet pour apprendre à se servir un verre d'eau, et que, tôt au tard, tout individu acquiert spontanément la maîtrise de ces gestes sans qu'il soit utile de lui en proposer un apprentissage précoce, elle explique que la supériorité de la méthode Montessori dans ce domaine est (c'est nous qui soulignons et annotons) que " les exercices qu'elle [Maria MONTESSORI] offre aux enfants n'ont pas un but directement pratique ; si ce but est atteint, il ne vient que par surcroît ; le point visé est d'apprendre à l'enfant à apprendre. Il importe peu qu'il puisse reconnaître la différence entre deux teintes de jaune [référence à la troisième boîte des couleurs] ou qu'il puisse distinguer par le seul sens du toucher un morceau de toile d'un morceau de coton [référence aux exercices de vie sensorielle], une planchette de bois ovale d'une planchette ronde [référence au cabinet de géométrie]. Mais il est important qu'il acquiert l'habitude d'observer rapidement les objets qui l'entourent et qu'en un instant il en connaisse les moindres détails. Il est nécessaire que, tout jeune, il apprenne à reconnaître la marque distinctive et le caractère essentiel d'une chose, qu'il sache observer les phénomènes de la nature et les classer suivant leur ordre scientifique. Il est très important qu'il apprenne à distinguer les différences entre des choses qui se ressemblent afin qu'un jour il sache le faire dans l'ordre intellectuel aussi bien que dans l'ordre matériel ".
Combien il devient aisé, à la lecture de ce passage, de comprendre le pourquoi des exercices de Vie Pratique, qui, s'ils peuvent prêter à sourire lorsque que l'on ne prend en considération que leur aspect purement formel, s'avèrent éminemment formateur quand on tient compte de l'étendue de leur champ d'action ! " Sachons donc voir dans ce matériel, conclut-elle, outre son résultat pratique immédiat, la contribution fondamentale qu'il apporte à la formation intellectuelle de l'enfant ".
Quand j'ai lu, par ailleurs, que Maria MONTESSORI était " la première à recommander à ses maîtresses de ne pas prendre ses paroles à la lettre, mais d'expérimenter, par elles-mêmes, ce qui convient le mieux aux enfants ", j'ai compris que l'intuition que j'avais parfois d'adapter, non pas les présentations ou le mode de manipulation du matériel qui ont fait l'objet d'études et d'expériences qui en ont prouvé la validité et la légitimité, mais le rôle et la place de guide de l'adulte que j'essaie d'être était tout à fait justifiée.
La modernité du propos de M. DUFRESNE m'a également stupéfaite quand j'ai lu que " parmi les objections faites au système Montessori, celle qui semble le plus préoccuper le public à trait à l'immoralité d'une éducation dans laquelle le plaisir tient une place si considérable (...). Quelle mauvaise préparation à la vie ! Que deviendront ces pauvres petits êtres trop heureux dans leur enfance et auxquels on n'aura pas appris à s'ennuyer ? Comment supporteront-ils une vie de sacrifice et de peine ? Autant de questions [qui] se posent (...) lorsqu'on (...) dit que [les] enfants doivent être heureux et prendre plaisir à tout ce qu'ils font ". C'est presque mot pour mot une des objections que nous entendons le plus souvent quand nous exposons les motivations qui nous poussent à ne pas mettre nos enfants à l'école.
" Chaque enfant s'impose à lui-même la plus stricte discipline, grâce à l'intérêt qu'il prend à ce qu'il fait ", dit plus loin Dorothy CANFIELD-FISHER. En effet, au travers de la concentration et des efforts qu'il déploie dans la manipulation du matériel, l'enfant apprendra naturellement à se dominer. N'est-ce pas là ce dont tout un chacun rêverait pour son ou ses enfant(s) ?
Mais le temps me manque et je dois m'arrêter là pour aujourd'hui. Je continuerai la lecture de cet ouvrage un peu plus tard et viendrai en faire un petit compte rendu sur le blog quand le temps m'en sera donné !!!
c'est super intéressant!
RépondreSupprimerJe crois que je vais me le faire envoyer moi aussi!
Merci pour cette petite mise en bouche si appétissante! ;)
Bisous!
Flavie